Commune

Plan de la région, 1578Romainmôtier et son histoire
Au début Ve siècle qu’un jeune homme d’Izernore près de Nantua dans l’Ain, s’en venait frapper à la porte du couvent d’Ainay à Lyon : il s’appelait Romain. Sa vocation lui apparut alors : lui aussi allait consacrer sa vie à Dieu ; il se fit ermite dans un vallon sauvage du Jura, à Condat, aujourd’hui Saint-Claude. Bientôt son frère Lupicien le rejoignit. Une petite communauté se rassembla autour d’eux, vers les années 430 ; le nombre augmentant, elle essaima bientôt sur les bords du Nozon. Le nouveau monastère prit le nom de son fondateur : Romainmôtier, le monastère (ou moutier) de Romain. A qu’elle époque ? Avant la mort de Saint Romain en 467, aux environs de 450.

Les moines auraient pu se fixer à quelques kilomètres de là , dans un lieu aussi sauvage que Condat, dans les gorges de l’Orbe, toutes proches, aux Clées. Un peu au-dessus, à un ou deux kilomètres seulement, là où se trouvent actuellement les villages de Juriens et de Premier, ils auraient joui d’un paysage grandiose : tout le plateau Suisse, les Alpes, le lac Léman et celui de Neuchâtel…Ils ont ptéféré cet humble vallon, sur les premiers contreforts du Jura, où toute envie au recueillement et à la prière. Il faut ajouter que deux routes passaient à proximité ; l’une longeant le pied du Jura et menant à Genève à August (Augusta Raurica près de Bâle) l’autre remontant de Rome vers la France par le Grand-Saint-Bernard, Lausanne et Orbe, Urba, petite ville romaine à huit kilomètres de Romainmôtier.

Prière, défrichage des forêts, hospitalité, voilà comment les moines servaient le Seigneur. Un petit oratoire, quelques bâtiments se dressent bientôt. Mais tout est détruit probablement vers 610 par les Alémanes.

En 630, grâce à la générosité d’un seigneur bourguignon, Félix Chramnléne, eut lieu une seconde fondation par des disciples de saint Colomban. Saint Wandrille y passa dix ans, de 636 à 646, avant d’aller fonder l’abbaye de Frontenelle en Normandie. On construisit alors la deuxième église. L’abbé s’appelait Gudinus ; nous retrouverons son nom gravé sur l’ambon.

Au huitième siècle, les moines adoptent la règle de saint Benoît. En décembre 753, le pape Etienne II, qui se rendait en France pour sacrer Pépin le Bref roi des Francs, procède à la consécration de l’église dont le chœur avait été construit. La pape dédie l’église aux apôtres Pierre et Paul et décide que Romaimôtier ne sera plus Romani monasterium, le monastère de Romain, mais Romanum monasterium, un monastère qui dépend directement de Rome.

Le neuvième siècle vit Romaimôtier tomber entre les mains de Rodolphe Ier roi de Bourgogne transjurane qui le cède en 888 à sa sœur Adélaïde. Celle-ci le donne aux moines de Cluny. L’acte de donation, daté du 14 juin 928, se trouve aux archives de l’Etat de Fribourg.

La troisième église est l’église actuelle. Elle fut construite entre 996 et 1028. Au douzième siècle Cluny comptait près de 2000 couvents en Europe. Romainmôtier fut le septième monastère à entrer dans l’Ordre de Cluny et trois grands abbés clunisiens, saint Mayeul, saint Odilon et saint Hugues, assurent personnellement la direction du petit prieuré. Saint Odilon y séjourna même plusieurs mois. Puis cinquante-trois prieurs se succédèrent jusqu’à la Réformation. Trois grands noms se détachent . Henri de Sévery (1371-1379), Jean de Seyssel (1380-1432), Jean de Juys (1433-1447). Romainmôtier tombe ensuite entre les mains de la Maison de Savoie et c’est la décadence avec les prieurs commendataires, parmi lesquels on relève Amédée VIII qui devint l’antipape Félix V. Théodule de Riddes, le dernier prieur, est résidant.

Le 22 mars 1536, les envahisseurs bernois qui imposent la Réformation au pays, occupent Romainmôtier. Le 24 décembre 1536 ordre est donné de supprimer le culte catholique. Le 3 janvier 1537 Théodule de Riddes meurt et la vie monastique cesse à Romainmôtier. Autels et statues sont décrochés, l’église paroissiale détruite. L’église conventuelle est badigonnée à la chaux et devient église paroissiale. Le narthex inférieur est transformé en cave et le narthex supérieur en grenier de blé.

Entre 1899 et 1914 a eu lieu la restauration de l’église : fouilles du sol pour retrouver les fondements des églises précédentes, décapage de la chaux qui recouvrait les murs, remise en place du mobilier, etc. En 1952 on fêta solennellement le 1500 ème anniversaire de la fondation de Romainmôtier.

Le 15 octobre 1972, ce fut la dédicace du grand orgueà quatre claviers manuels, conçu par frère Jean-Luc de Taizé, et construit par la manufacture d’orgues Neidhardt et Lhôte, à Neuchâtel.

Romainmôtier n’est pas un musée. Quinze siècles de cultes divin ininterrompu en ont fait un haut lieu de la prière.

Devenu en 1536 paroisse de l’église Réformée Vaudoise, il rassemble aujourd’hui dans son sanctuaire les habitants de cinq communes. Depuis bien des années on prie ici pour l’unité des chrétiens et on œuvre pour le renouveau liturgique.

Avec l’accord de l’évêque et les autorités de l’Eglise Réformée Vaudoise, une petite fraternité œcuménique s’est établie à Romainmôtier. Depuis le printemps 1973. Formée de diaconesses de Saint-Loup et de religieuses appartenant à la congrégation des Sacrés Cœurs, cette fraternité prie trois fois par jour dans l’église et assume l’accueil des nombreux visiteurs attirés par la qualité exceptionnelle de l’abbatiale.

Source :  https://www.notrehistoire.ch/medias/3146

 
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